Two Undiscovered Amerindians Visit Irvine @ Coco Fusco & Guillermo Gomez-Pena. 1992

Publié le par Olivier Lussac

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- FUSCO Coco & GÓMEZ-PEÑA GuillermoTwo Undiscovered Amerindians Visit Irvine University, 1992.

Coco Fusco (1960, USA) is a New York-based interdisciplinary artist and writer; Fusco’s work combines electronic media and performance in a variety of formats – from staged multimedia performances incorporating large scale projections and closed circuit television to live performances streamed to the internet that invite audiences to chart the course of action through chat interaction. Her work is an ongoing reflection on the conditions of (women’s) bodies in globalizing and technologically imbued environments. Her most recent work, a video entitled La Plaza Vacia (The Empty Plaza), was shot in the Plaza de la Revolucion
in Havana. It is a meditation on the legendary Cuban site as a stage devoid of human presence but filled memories of past political performances. Text: Coco Fusco.

— The Year of the White Bear. Extrait de l’entretien de Coco Fusco et Guillermo Gómez-Peña par Kim Sawchuk, revue Parachute, n° 67, 1992 :

« Coco Fusco : Le projet est une installation d’arts visuels avec plusieurs projections d’images, des performances spécifiques pour certains lieux, une pièce radiophonique et éventuellement une publication.

En mars 1992, nous avons performé The Year of The White Bear : Première partie – Deux aborigènes non découverts visitent Irvine à l’Université de Irvine. C’était la première d’une série de performances semblables que nous allons donner tout au long de cette année en Amérique du Nord, en Europe et en Australie. Nous prétendons être des habitants d’une île nommée Guatinau […]. Nous vivions dans une cage de 10 x 12 m. pendant trois jours, durant lesquels nous nous livrions à nos activités traditionnelles aborigènes, par exemple, regarder la télévision, travailler sur un ordinateur portable, porter des poids, coudre des poupées vodou, écouter du rap bilingue, etc. Nous ne parlions pas l’anglais, et comptions sur le gardien pour la traduction, pour nous nourrir et nous amener aux toilettes. Une plaque devant la cage donnait des informations toxonomiques à propos de nos origines supposées et une carte montrait l’emplacement de notre île dans le golfe du Mexique. Un panneau indiquait que nous dancerions, chanterions, raconterions des histoires aborigènes et nous laisserions prendre en photo avec les visiteurs pour quelques sous. Nos gardiens de zoo vendaient d’authentiques souvenirs aborigène, tels que cheveux ou ongles d’orteils, et donnaient aux visiteurs des gants chirurgicaux s’ils souhaitaient nous toucher ou nous nourrir.

La réponse a été tout à fait stupéfiante. Avant que nous arrivions à Irvine, les services du département santé et hygiène de l’Université avaient déjà adressé une pile de mémos au département des arts afin d’informer chacun que les ‘aborigènes’ ne pouvaient aller aux toilettes en pagne. En fait, il y avait une certaine confusion : étions-nous des vrais aborigènes ou des anthropologues apportant des vrais aborigènes dans la galerie ? Nous avons reçu des pages d’instructions concernant la prévention de pertes humaines et une liste de trente maladies transmissibles par les excréments, particulièrement les excréments des ‘gens de la campagne’ dans le monde.

Même après notre arrivée, beaucoup de visiteurs étaient confus, voire dérangés par notre présence dans la cage. Quelques personnes pensaient que nous étions de vrais aborigènes et étaient tout à fait bouleversés. D’autres étaient troublés par le fait de voir des humains en cage – une femme s’est même évanouie en pleurant. D’autres n’avaient aucune idée des précédents historiques et entraient dans la performance à la lumière de la célébration du cinq centième, désireux de poser en photo et d’applaudir nos chants et danses, sans se rendre compte à quel point ils étaient visqueux. Beaucoup de gens nous apportaient de la nourriture et des petits cadeaux. Un critique d’art nous a offert une caméra vidéo afin que nous puissions filmer les visiteurs. La chose qui semblaient heurter le plus les visiteurs était notre comportement sexuel quel qu’il soit – si nous nous embrassions ou nous caressions l’un l’autre, quiconque quittait rapidement la galerie.

Une autre dimension intéressante de la réponse du public était le problème du langage – le fait que la plupart des gens ne pouvaient nous parler, ne connaissant pas l’espagnol. Cela a immédiatement créé une sensation de distance qui effrayait les visiteurs. Nous avions un téléphone dans la cage et beaucoup de gens demandaient des informations, juste pour être irrités par notre réponse en espagnol. Dans certains cas, les gens raccrochaient en colère et rappelaient ensuite en admettant parler quelques mots d’espagnol. Ils nous demandaient alors de parler lentement, de façon à ce qu’ils puissent capter ce que nous disions. A la fin, il est apparu que les gens devaient reconnaître leur méconnaissance des langues étrangères – même contre leur volonté. »

« Guillermo Gómez-Peña : Je suis intéressé par le territoire du malentendu qui existe entre nous et notre public et aussi entre les latinos et les anglo-américains, aussi bien qu’entre une sensibilité catholique et une éthique protestante. 

L’une des stratégies les plus efficaces des Border Artists a été de travailler avec les contingences historiques – que se passerait-il si le continent était retourné ? Si les États-Unis était le Mexique ? Si les gringos étaient des aliens illégaux ? Si les anglais étaient espagnols ? – tourner la table à 180 degrés et adopter une position privilégiée pour parler, même si cette position privilégiée est une fiction. »

— In order to adress the widespread practice of human displays, Fusco and Gómez-Peña enclosed their own bodies in a ten-by-twelve-foot cage and presented themselves as two unknown « specimens representative of the Guatinaui people » in the performance piece « Undiscovered Amerindians ». Inside the cage Fusco and Gómez-Peña outfitted themselves in outrageous costumes and preoccuped themselves with performing equally outlandish « native » tasks. Gómez-Peña was dressed in an Aztek style breastplate, complete with a leopard skin face wrestler’s mask. Fusco, in some of her performances, donned a grass skirt, leopard skin bra, baseball cap, and sneakers. She also braided her hair, a readily identifiable sign of « native authenticity ».

In a similar fashion to the live human spectacles of the past, Fusco and Gómez-Peña performed the role of cultural « other » for their museum audiences. While on display the artists’ « traditional » daily rituals ranged from sewing voodoo dolls, to lifting weights to watching television to working on laptop computers. During feeding time museum guards passed bananas to the artists and when the couple needed to use the bathroom they were escorted from the cage on leashes. For a small donation, Fusco could be persuaded to dance (to rap music) or both performers would pose for Polaroids. Signs assured the visitors that the Guatinauis « were a jovial and playful race, with a genuine affection for the debris of Western industrialized popular culture …Both of the Guatinauis are quite affectionate in the cage, seemingly uninhibited in their physical and sexual habits despite the presence of an audience. » Two museum guards from local institutions stood by the cage and supplied the inquisitive visitor with additional (equally fictitious) information about the couple. An encyclopedic-looking map of the Gulf of Mexico, for instance, showed the supposed geographic location of their island. Using maps, guides, and the ambiguous museum jargon, Fusco and Gómez-Peña employed the common vocabulary of the museum word to stage their own display.

Despite Fusco and Gómez-Peña’s professed intentions that Undiscovered Amerindians should be perceived as a satirical commentary, more than half of the visitors to the museums who came upon the performance believed that the factitious Guatinaui identities were real.

En 1992, Fusco and Gómez-Peña first staged the performance on Columbus Plaza, Madrid, Spain, as a part of the event Edge ‘92 Biennial, organized in commemoration of Columbus’ voyage to the New World. The performance piece had an illustrious two year exhibition history including performances at Covent Garden in London, The National Museum of Natural History at the Smithsonian in Washington D.C., The Field Museum in Chicago, the Whitney Museum’s Biennial in New York, The Australian Museum of Natural History and finally in Argentina, on the invitation of the Fundacion Banco Patricios in Buenos Aires.

Quote about Undiscovered Amerindians from Coco Fusco:

According to Fusco, she and Gómez-Peña aimed to conduct a ‘a reverse ethnography… Our cage became a blank screen onto which audiences projected their fantasies of who and what we are. As we assumed the stereotypical role of the domesticated savage, many audience members felt entitled to assume the role of colonizer, only to find themselves uncomfortable with the implications of the game’ (Fusco 47).

- Coco Fusco, English is Broken Here, New York: The New Press, 1995.

- Guillermo Gómez-Peña, The New World Border, San Francisco: City Lights, 1996.

Fusco & Gomez-Pena 2 Undiscovered Indians 1992

Publié dans Performances

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