Jeudi 17 juin 2010
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(cf. également dispositif)
" Avec l'installation, l'oeuvre déborde d'elle-même et acquiert une éternité
radicale et extrême. Ce débordement ne s'arrête pas au local dans lequel elle est contenue : puisqu'en principe celle-ci a un caractère temporaire et qu'elle est étroitement liée à une occasion
spécifique, les photos et éventuellement les vidéos qui en perpétuent la mémoire en font partie intégrante. L'installation est donc une espèce de mise en scène, de happening de choses au lieu de
personnes, un événement où les protagonistes sont des entités débordantes et éjaculantes, condensés d'information et de messages qui nous envahissent et nous submergent. Les installations ne
doivent pas être considérées comme l'objet de l'appréciation d'un visiteur ; le rapport avec ce dernier est complètement inversé par rapport à la visite traditionnelle des musées ou des galeries.
C'est l'installation qui sent le visiteur, qui l'accueille, le tâte, le palpe, qui tend vers lui, qui le fait entrer en elle-même, le pénètre, le possède, l'inonde. On ne va plus aux expositions
pour voir et jouir de l'art, mais pour être vu et joui par l'art. Le voyeurisme appartient à la sexualité organique, convenue et naturelle ; dans le monde inorganique, ce sont les choses
sentantes qui nous voient et nous convoitent ; nous ne pouvons rien faire d'autre que nous offrir à leur désir en suspens et considérer que la plus grande gêne ne vient certes pas de leur
intérêt, mais de leur négligence ! "
Mario Perniola, Le Sex-Appeal de l'inorganique, Paris, Éditions Léo Scheer, coll. Lignes, 2003, p. 168.
Par Olivier Lussac
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Publié dans : Textes/Définitions
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