Face Off @ Vito Acconci. 1972

Publié le par Olivier Lussac

FACE OFF, 1972
Dans Face Off, l’artiste se montre dans une phase réactionnelle face à son travail. Vito Acconci met en place une bande audio sur un magnétophone et l’enclenche en mode lecture. Puis il se penche et pose la tête sur la table contre l’appareil, son visage tourné vers celui-ci. A certains moments nous ne voyons plus que son crâne. Le comportement de l’artiste évoque le registre affectif, et la fermeture sur soi. La bande audio diffuse la voix enregistrée de Vito Acconci qui s’exprime sur le rapport entre son travail et son vécu. Ponctuellement, à un rythme régulier, il intervient sur ses propos en criant des formules négatives : "No, no, no, don’t tell this, don’t reveal this […]" 1. Sa voix porte des sentiments tels que la colère, et masque ou censure les paroles enregistrées. Face Off est une vidéo d’atelier. Elle présente un rapport intime de l’artiste à son oeuvre, dont le spectateur est normalement exclu. La bande sonore est un médium utilisé dans d’autres oeuvres de Vito Acconci, sa fonction, entre autres,
est d’ouvrir la communication en faisant réagir le spectateur. Mais ici l’artiste l’utilise en vase clos, par ses réactions négatives il met en retrait un épisode passé du face-à-face avec son travail et rejette ses intentions et ses réponses antérieures. Contrairement au point de vue psychologique donné ici, dans Home Movies (1973) Vito Acconci traite du même sujet, mais en situant le rapport à son oeuvre dans une structure relationnelle entre l’artiste, sa compagne et le spectateur (ou le monde de l’art). (Thérèse Beyler)
1 "Non, non, non, ne dis pas ça, ne révèle pas ça […]"

1973, 32:57 min, b&w, sound
Face-Off is an ironic collusion of private and public, of exposure and masking, a tense ritual wherein Acconci divulges and then censors his self-revelations. Acconci turns on a reel-to-reel audiotape recorder and bends down to the speaker to listen to it, his face barely visible in the frame. The audio is a recording of his own voice addressing himself and the viewer, recounting intimate details about his life. However, whenever the material becomes too personal, he tries to drown out his voice and prevent the viewer from hearing, yelling: "No, no, no, don't tell this, don't reveal this...." Reacting to his recorded voice, he becomes increasingly agitated as the tape proceeds. Acconci has stated that this work was intended to "dig into the past" as he tries to "face the facts," claiming, "I really want other people to find out these secrets because they can establish a kind of image for me." By preventing the viewer from hearing, of course, his "secrets" remain only implicit. As the double entendre of the title implies, he both invites and avoids a direct confrontation with the viewer.

Face-Off   32:54 1972
Acconci listens to his own recorded monologue of sexually intimate secrets and repeatedly tries to obscure these secrets by shouting over the tape, demonstrating the paradoxical situation of the artist confounded by two desires: to  reveal oneself for the sake of pleasing the audience, and the conflicting desire to protect one's ego. As viewers, we are intrigued and tantilized by the confession we never hear. In this way, Acconci characteristically implicates the viewer in his performance; the viewer awaits and encourages the artist's sacrifice, revelling in the promise of their self-exposure.    

Publié dans Performances

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