My Word @ Vito Acconci. 1973-74

Publié le par Olivier Lussac

MY WORD, 1973-74
My Word est le dernier et le plus important de la trentaine de films Super 8 réalisés par Vito Acconci. Alors que la plupart sont très courts et réalisés avec une caméra fixe et un plan unique, celui-ci a la durée d’un long métrage et une forme complexe. Il n’est plus dans l’usage élémentaire du cinéma exploité jusque-là par l’artiste. Dans une trame de fiction flottante, imbriquant des textes écrits (adresse au spectateur, puis à des femmes invisibles) aux images du film qui construisent une sorte de biographie artistique de Vito Acconci, plusieurs moyens sont exploités et plusieurs registres d’énonciation cinématographique et de langages plastiques :
- l’espace minimaliste, quand la caméra cerne d’abord chaque angle, les murs, le plancher de l’atelier vide.
- l’artiste comme sujet, quand la caméra fixe ensuite le corps de Vito Acconci et ses mouvements.
- des plans proches du Pop Art, avec des natures mortes d’objets féminins, supports classiques du fétichisme.
- des séquences psychologisantes, quand la caméra suit Vito Acconci dans ses déambulations dans l’atelier et sur le toit.
- de longs passages de caméra subjective, quand le film s’échappe en zoom avant par une fenêtre de l’atelier ou explore le paysage urbain et le ciel.
- des passages en noir et blanc, où les actions intégrées à la trame du film renvoient à des actions antérieures (scène d’onanisme, citant Open-Close par exemple).
- le noir et blanc dans la partie finale du film, avec la sortie théâtrale de Vito Acconci de l’atelier, par laquelle il signe l’abandon du film Super 8 et la fin de l’introspection.
Le titre lui-même, My Word, donne une double signification au film, qui peut être vu à la fois comme un testament et comme une aspiration à la parole, cette parole directement adressée au spectateur que va lui permettre la vidéo.K.B.

1973-74, 91:30 min, color, silent, Super 8 film
In this feature-length silent film, Acconci uses hand-written title cards to present an "interior monologue" about speaking, language, and silence. The written text alternates with images of Acconci, alone in the interior of an urban loft or on a rooftop, with the skyline of downtown New York as a backdrop. This metaphorical landscape of isolation resonates in the text, in which Acconci directly addresses several different women by name, alluding to their relationships with him. The women's identities seem mutable; they are consigned to silence, others without a voice. Given the unstable nature of subjectivity in his work, Acconci ultimately appears to be "speaking" to himself.

Publié dans Performances

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