Theme Song @ Vito Acconci. 1973

Publié le par Olivier Lussac

THEME SONG, 1973
On retrouve dans Theme Song les problématiques communes à plusieurs autres bandes vidéo (Undertone, Remote Control, Turn On), une volonté d’établir un champ de pouvoir, une tension entre un (une) autre et lui, entre le spectateur et lui. Vito Acconci est allongé sur la moquette, la tête sur le bras, les pieds dirigés vers un canapé qui ferme l’espace à l’arrière-plan. Son visage, tourné vers le spectateur, remplit la moitié de l’écran et semble vouloir sortir du cadre afin de se faire plus proche. Par cette mise en scène, l’artiste suggère qu’il est réellement là, derrière la vitre, dans la
profondeur du moniteur, dans un lieu privé mais presque neutre (allusion directe à la télévision comme objet domestique et populaire).
Vito Acconci allume une cigarette et actionne un magnétophone, situé hors-champ, qu’il partage avec le spectateur pour lui faire écouter les thèmes des chansons populaires de rock américain qui vont structurer et rythmer ce face-à-face. Partant littéralement des paroles chantées par Jim Morisson, Bob Dylan, Van Morisson, Kris Kristofferson, il développe un long monologue de séduction. Avec l’insistance du dragueur, il s’installe dans l’espace du spectateur et lui intime de se rapprocher, de venir près de lui. Entre candeur et manipulation, il proteste de son honnêteté et force la relation. Le registre envoûtant de sa voix qui chantonne, les mouvements lents de son corps, tout suggère l’enveloppement possible. Par cet essai de manipulation d’un spectateur invisible, par cette volonté de faire disparaître l’écran, de faire oublier la technique et la distance, Theme Song peut être rapprochée de Remote Control et, par le rôle et la place assignés au spectateur, de Turn On et Undertone. L’effet de réel de la mise en scène, les chansons quasi génériques et le ton intime du discours de l’artiste, tout concourt à faire de cette bande vidéo un travail sur un mode particulièrement affectif et ironique de la problématique du contrôle à distance. (K.B.)

1973, 33:15 min, b&w, sound
In Theme Song, Acconci uses video as close-up to  establish a perversely intimate relation with the viewer, creating a personal space in which to talk directly to (and manipulate) the spectator. He is face to face with the viewer, his head close against the video screen, lying cozily on the floor. Acconci writes, "The scene is a living room -- quiet, private night -- the scene for a come-on -- I can bring my legs around, wrapping myself around the viewer -- I'm playing songs on a tape recorder -- I follow the songs up, I'm building a relationship, I'm carrying it through." Smoking cigarettes, he begins a seductive monologue as he plays "theme songs" by the Doors, Bob Dylan, Van Morrison, Kris Kristofferson and others on a tape recorder. The songs are a starting point for his come-ons; the tenor of his monologues shifts with the lyrics. "Of course I can't see your face. I have no idea what your face looks like. You could be anybody out there, but there's gotta be somebody watching me. Somebody who wants to come in close to me ... Come on, I'm all alone ... I'll be honest with you, O.K. I mean you'll have to believe me if I'm really honest...." Theme Song, with its ironic mixture of openness and manipulation, is one of Acconci's most effective works.
Produced by Art/Tapes/22.

Theme Song 33:17 1973
In a vile and ingenious way, Acconci pleads with the camera/spectator to join with him, to come to him, promising to be honest and begging, "I need it, you need it, c'mon... look how easy it is." Acconci addresses the viewer as a sexual partner, acting as if no  distance existed between them. The monitor becomes an agent of intimate address, presenting adisingenuous intimacy that is one-sided and pure fantasy, much like the popular love songs in the background that Acconci croons along with. "I'll be your baby, I'll be your baby tonight, yeah, yeah."

Publié dans Performances

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