Revolving Upside Down @ Bruce Nauman. 1968

Publié le par Olivier Lussac

REVOLVING UPSIDE DOWN, 1968
L’espace est retourné, inversé, et c'est dans cette perte d'équilibre que Bruce Nauman tourne autour de lui-même sur un seul pied, en quête de son centre de gravité. Et si le vide est sous lui, ce n'est pas pour autant un creux dangereux et terrifiant, car le corps dans son mouvement circulaire permanent se restabilise sans cesse, se focalise toujours et à nouveau sur un autre centre. Un mouvement qui trace une ligne oblique dans son parcours, vers une issue, un regard hors champ, en dehors du cadre. L'enregistrement à l'envers provoque une altération de la perception, un autre point de vue qui rentre dans un inventaire des positions possibles que l'artiste ne cesse de lister tout au long de son oeuvre (comme il liste les mots pour ses sculptures lumineuses).
Bruce Nauman, dans un entretien avec Chris Dercon, déclare : "Lorsque j'ai réalisé les performances, il y a longtemps, j'avais fait comme une liste de possibilités d'exécuter certains types de mouvements : se tenir debout, appuyé, assis, couché..., j'avais établi une liste de mouvements semblant discontinus. Lorsque j'ai réalisé les performances, j'ai constaté que certaines des positions paraissaient comporter des liens émotionnels puissants, alors que d'autres étaient de simples modifications de postures qui ne signifiaient rien." 1 Stéphanie Moisdon

1 "Décomposer, décomposer sans cesse", catalogue de la 4e Semaine internationale de vidéo, Genève, 1991.

1969, 61 min, b&w, sound
A stationary camera set upside down and framing a long shot of the studio records Nauman, with his hands clasped behind his back, repeating a series of steps similar to those of Slow Angle Walk (Beckett Walk). The curious exercise combines pirouettes, goose steps, and crabbed, angled arabesques. The inverted image further disorients our sense of the maneuvers, which appear to be taking place on the ceiling.

Revolving Upside Down
1:00:00 1968
The inverted camera catches Nauman standing at the end of the room, slowly spinning  around on one foot, first head down in one direction, then head up in the other direction. The tape seems to be as much a trial of Nauman’s endurance as an exercise in becoming a human machine, some type of cog or mechanized weather vane.
                                      
"I wanted the tension of waiting for something to happen, and then you should just get drawn into the rhythm of the thing. There's a passage in Beckett's Molloy about transferring stones from one place to another, in the pockets of an overcoat, without getting them mixed up. It's elaborate without any point." —Bruce Nauman 
                     

Publié dans Performances

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