Lake Placid @ Nam June Paik. 1980

Publié le par Olivier Lussac

LAKE PLACID, 1980
Lake Placid' 80 est une métonymie des Jeux Olympiques d'hiver, créée par Nam June Paik en réponse à la commande du Comité national des Beaux-Arts des 13e Jeux, à Lake Placid, en 1980. Le sport et la fête sont réunis par l'image et le son. Le sujet et le médium portent en eux-mêmes la dimension internationale du contexte sur laquelle Nam June Paik ne renchérit que par la musique, qu'il conçoit comme une communication non verbale entre des publics d'âge, de culture et de pays différents.
Des séquences s'entrecoupent : des danseurs rock, une descente puis un saut à ski, une patineuse, une acrobatie aérienne, une partie de hockey sur glace, etc. Le montage accorde les séquences et les plans au rythme du rock. A l'image des pieds des danseurs qui indiquent dès le début de la bande la détermination du mouvement par la musique, le début et la fin d'une séquence ou d'une compétition sportive (une descente à ski, une vrille de la patineuse), l'instant où une séquence entrecoupe la précédente, où l'écran se divise en diagonale, où deux mouvements sont en surimpression (deux moments d'un match de hockey sur glace), et le rythme des changements de couleurs correspondent à un temps ou un contre-temps du rock de la bande son (Devil With a Blue Dress On de Mitch Ryder et du groupe Detroit Wheel's Devil, entendu dans (Global Groove). Au milieu de la bande, l'image passe du plein écran au déplacement d'un médaillon rectangulaire sur fond noir. La danseuse de ce petit espace est redoublée par une représentation en fil de fer digital, qui danse en parallèle et en dehors du rectangle. La bande se termine par une séquence calme où Allen Ginsberg joue une musique méditative et sur laquelle les anneaux symboliques des Jeux Olympiques dansent en guise de générique final.
Des extraits ou la bande entière de Lake Placid' 80 ont été repris dans des oeuvres de l'artiste, en particulier dans Tricolor Video (1982, une installation de 384 moniteurs imitant le drapeau français) et dans Video Laser Environnement (1981, un arrangement en rectangle de 36 moniteurs combiné avec une projection laser de H. Baumann sur les murs latéraux).
Le rythme est central dans l'oeuvre de Nam June Paik, que ce soit en une sorte de flux dénotant l'esprit d'une époque dans Global Groove, ou dans le contraste entre le mouvement de la vidéo danse de Merce Cunningham et la séquentialisation rythmée et rapide de l'artiste coréen dans Merce By Merce By Paik, ou encore dans ses architectures monumentales construites de téléviseurs. Il représente une division du temps et de la durée dans laquelle un sujet est disponible en continu à l'écran. Cette rapidité même déroute le spectateur et crée un obstacle à franchir pour entrer dans les oeuvres du maître de la programmation télévisuelle et vidéo. (Thérèse Beyler)

Lake Placid '80
1980, 3:49 min, color, sound
Paik produced this exuberant, high-speed collage as a commission for the National Fine Arts Committee of the 1980 Olympic Winter Games. In a fractured explosion of densely layered movement and action, images of Olympic sports events are mixed with Paik's recurring visual and audio motifs: the dancers from Global Groove, Allen Ginsberg, the song Devil With a Blue Dress On. Ski jumpers, skaters and hockey players are re-edited, fragmented, colorized, accelerated and transformed, colliding on the screen in a frenzy of synthesized energy. Movements, time-frames and images shift in seemingly random, often ironic juxtapositions. The hyperbolic pace and rhythm of this energetic "music video" ends with Paik's computer-graphic version of the Olympic logo superimposed over a chanting Allen Ginsberg.
Computer Graphics: Judson Rosebush, Dan Sandin, Phil Morton, Tom DeFanti. Commissioned by the National Fine Arts Committee of the 1980 Olympic Winter Games.

Publié dans Art vidéo - cinéma

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