Lilith @ Steina Vasulka. 1987

Publié le par Olivier Lussac

LILILITH, 1987
Réalisée en collaboration avec Doris Cross, peintre, Lilith est une réflexion explicite sur les icônes de la féminité.
Dans une certaine tradition biblique, Lilith est la première femme que Dieu donne à Adam ; classiquement représentée comme une sorcière, elle a abandonné Adam pour rejoindre les troupes de Satan. Les féministes ont proposé des interprétations plus polémiques de ce personnage, la présentant comme l'égale d'Adam, refusant la soumission et figurant la première femme libre. Le visage de Doris Cross, en gros plan, est envahi par les paysages, grâce à processus de mixage d'images qui fait du visage un paysage et du paysage un visage ; l'artiste parle, d'une voix ralentie, envoûtante, à propos de sa peinture, de l'identité féminine dans l'art. Le parallèle avec une figure primordiale, sortie des entrailles de la terre, est frappant. Steina Vasulka rejoint avec cette bande un courant très important de la pratique vidéo des années 70, à savoir le féminisme. Bien que n'ayant jamais caché sa sympathie pour les mouvements de libération, Steina n'a pas produit de travaux militants. La collaboration avec une femme artiste, la prise en compte, via le discours, de la problématique du féminin est donc tout à fait exceptionnelle et intéressante. Il est patent tout d'abord que l'individu intéresse davantage Steina que le genre ; Doris Cross ne représente personne d'autre qu'elle-même. D'autre part, le vrai travail de libération passe pour Steina par la libération du regard, de la représentation, de l'image - c'est pourquoi elle choisit de travailler l'image et le son afin de ne pas produire un document, mais au contraire de créer un portrait dynamique et novateur. Elle poursuit sa recherche et son invention d'un langage nouveau avec la vidéo, et subordonne tout à cette préoccupation. (LLH)

by Steina in collaboration with Doris Cross.
1987, 9:12 min, color, sound
In Lilith -- a name that evokes biblical and mystical references -- Steina alters and manipulates the face of a woman (painter Doris Cross) so that it is submerged within a natural and technological landscape. Employing the imaging techniques of focal plane shift (altering the depth of field) and frame "grabbing" (a succession of frozen images), she creates a constantly shifting visual field in which an image appears to exist in a constant flux of temporal and spatial planes. The woman's electronically distorted speech adds a further haunting dimension to this almost sculptural fusion of human figure and landscape.

Publié dans Art vidéo - cinéma

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