Violin Power @ Steina Vasulka. 1978

Publié le par Olivier Lussac

VIOLIN POWER, 1978
Premier plan: Steina Vasulka debout dans son atelier joue un morceau de musique classique au violon. Deuxième plan: Steina Vasulka, avec d'autres vêtements, toujours debout dans son atelier mais sous un autre angle, joue du violon; mais cette fois, on entend un remix assez commercial de Let it be; Steina joue au play-back, d'abord avec les seuls mouvements de son corps au violon, puis plus franchement en approchant son visage de la caméra et en "chantant" les paroles. Troisième plan: Steina, avec encore d'autres vêtements, debout dans son atelier, joue un morceau contemporain au violon; mais cette fois l'image et le son sont trafiqués: le son, ralenti, est très bas et vibrant et l'image est ralentie par saccades. Les variations de hauteur du son impliquent les variations de vitesse de défilement de l'image. Quatrième plan: Steina debout dans son atelier, de dos, joue du violon; le son est déformé, et à la faveur des variations, une image de Steina debout au violon mais de face, s'incruste dans la première. Et ainsi de plan en plan la bande progresse, et démontre comment on fait de la vidéo avec un violon, selon le mot de Steina. Musicienne virtuose, elle traduit la finesse des variations sonores dans une série d'expériences visuelles qui ne manquent pas d'humour, dans une gradation vers l'abstraction qui se termine par de pures courbes blanches sur fond noir, vibrantes, signalant encore à peine la figure du violon et de la violoniste. Violin Power est une bande intelligente et efficace qui réussit le pari de ne pas illustrer la musique, mais de produire des images aussi abstraites et fascinantes que la musique elle-même. (LLH)

1970-78, 10:04 min, b&w, sound
Steina terms this procedural work "a demo tape on how to play video on the violin." Her background as a violinist and her evolution from musician to visual artist is referenced through an analogy of video camera to musical instrument. Steina is first seen in footage from the early 1970s, playing the violin and singing to The Beatles' Let It Be. As succeeding segments trace a chronological progression, Steina layers imagery and time. The violin itself ultimately becomes an image generating tool, as she connects it to imaging devices, creating abstract visual transpositions of sound and vibrations. This unconventional self-portrait is a study of the relationship of music to electronic image.

Publié dans Art vidéo - cinéma

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