I Do Not Know What It Is I Am Like @ Bill Viola. 1986

Publié le par Olivier Lussac

I DO NOT KNOW WHAT IT IS I AM LIKE, 1986
Tout commence un jour dans les eaux indifférenciées où les éléments organiques prennent vie, où le monde se baigne, se regarde et se noie.
Cette bande poursuit l'éternelle réflexion de Bill Viola sur la perception du réel, fait de temps fragmentés, de légendes et de mythes archaïques présents dans chacun des paysages ou des visages que nous contemplons. Et ce que nous contemplons nous reflète sans cesse. Ainsi Bill Viola, dans cette oeuvre réellement autobiographique, cherche son image à travers des paysages infinis, des Etats-Unis au Japon et à l'Inde, à travers des rites, des écritures anciennes (c'est au Rig Veda qu'il emprunte son titre), dans l'oeil vide d'un animal décharné, d'un poisson, à travers le reflet de l'oeil brillant d'une chouette comme un miroir obscur où la figure de l'artiste apparaît progressivement, lentement, en train de se filmer lui-même. "Je ne sais pas qui je suis", dit le créateur dans l'immensité des représentations. Un point lumineux dans la nuit, un rocher éternel, un animal aux aguets, une trace de lumière, un simple reflet dans l'eau ?
Bill Viola joue du temps et de l'espace, fait coïncider à travers de longs plans fixes un présent déjà passé, en perpétuelle métamorphose. Il inscrit ces images au-delà de leur simple représentation, avant et après, dans un mouvement circulaire qui s'amplifie. On y retrouve des bribes de ses oeuvres précédentes (Anthem, Hatsu Yume), des villes nocturnes traversées par des éclats de lumière, des troncs d'arbres comme des membres humains, des animaux qui se déchirent dans la nuit, un éléphant qui se baigne dans le fond d'un verre, l'âme d'un paysage, un coeur palpitant, un poisson volant refermant sur lui le temps infini de la création, la matérialisation d'un rêve sage.
(Stéphanie Moisdon)

1986, 89 min, color, sound
One of the major works in video, I Do Not Know What It Is I Am Like envisions an epic quest for transcendence and self-knowledge. Viola describes this work as a "personal investigation of the inner states and connections to animal consciousness we all carry within." The title is taken from the Rig-Veda, the Sanskrit spiritual text that defines a procession through birth, consciousness, primordial existence, intuition, knowledge, rational thought, and faith, to arrive at a transcendent reality "beyond the laws of physics." Unfolding in powerful, emblematic images and allegorical passages, Viola articulates a dramatic quest for self-knowledge through an awareness of the Other, embodied here by a shamanistic vision of animal consciousness.
Structured in five parts, Il Corpo Scuro (The Dark Body), The Language of the Birds, The Night of Sense, Stunned by the Drum, and The Living Flame, the tape envisions a metaphysical journey of rational and intuitive thought, from the natural world to spiritual rituals. Viola's poetic investigation of subject and object, observing and being observed, and his search for knowledge of the self is encapsulated in an indelible visual metaphor: an image of the artist reflected in the pupil of an owl's eye.
Additional Camera/Production Assistance/Still Photographer: Kira Perov. Engineering: Tom Piglin. Produced in association with the American Film Institute, Los Angeles; The Contemporary Art Television (CAT) Fund, a project of the WGBH New Television Workshop, The Institute of Contemporary Art, Boston; and ZDF, Mainz, West Germany.

Publié dans Art vidéo - cinéma

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