Dylan Thomas. Et la mort n’aura aucune emprise.

Publié le par Olivier Lussac IDEAT

Et la mort n’aura aucune emprise.
Les hommes morts et nus ne feront plus qu’un
avec l’homme dans le vent et la lune de l’ouest ;
Quand leurs os sont grattés proprement et que propres s’en vont leurs os,
ils auront des étoiles au coude et au pied ;
Même s’ils deviennent fous ils seront sains d’esprit,
Même s’ils s’abîment au fond de la mer ils se redresseront ;
Même si les amants se seront perdus l’amour ne le sera pas ;
Et la mort n’aura aucune emprise.


Et la mort n’aura aucune emprise
Sous les sinuosités de la mer
eux, les gisants au long ne mourront pas sous le vent;
tordus sur des chevalets quand cèdent les ligaments,
Liés à la roue, pourtant ils ne se briseront pas ;
La foi se cassera en deux dans leurs mains,
et les démons à une seule corne leur passeront au travers ;
fendus jusqu’au tréfonds ils ne craqueront pas
Et la mort n’aura aucune emprise.


Et la mort n’aura aucune emprise.
Plus jamais les mouettes ne crieront à leurs oreilles
ni les vagues se brisant bruyamment sur les rivages ;
Là où soufflait une fleur peut-être qu’aucune fleur ne
dressera sa tête au saut de la pluie ;
Même s’ils sont fous et raides morts comme des clous,
les signes à en-tête enfoncent les marguerites;
éclatent dans le soleil jusqu’à ce que le soleil se brise,
Et la mort n’aura aucune emprise.

Dylan Thomas
mars 1933 magazine New English Weekly

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