Sylvia Plath. Edge (Tout au bord). dernier poème. 5 février 1963

Publié le par Olivier Lussac

Sylvia Plath. Edge

 

The woman is perfected

Her dead

 

Body wears the smile of accomplishment

The illusion of a Greek necessity

 

Flows in the scrolls of her toga,

Her bare

 

Feet seem to be saying:

We have come so far, it is over.

 

Each dead child coiled, a white serpent,

One at each little

 

Pitcher of milk, now empty

She has folded

 

Them back into her body as petals

Of a rose close when the garden

 

Stiffens and odors bleed

From the sweet, deep throats of the night flower.

 

The moon has nothing to be sad about,

Staring from hood of bone.

 

She is used to this sort of thing.

Her blacks crackle and drag.

 

TOUT AU BORD

 

La femme s'est accomplie

son corps mort

 

porte le sourire de l'accomplissement

l'illusion d'une obligation grecque

coule dans les rouleaux de sa toge

 

Ses nus pieds semblent vouloir dire:

Nous sommes arrivés si loin, tout est fini.

 

Chaque enfant mort est enroulé, un serpent blanc,

Près de chacun une cruche de lait maintenant vide.

 

Elle les a repliés contre son corps comme les pétales

d'une rose refermée quand le jardin 

se fige et que les parfums saignent

des douces, profondes, gorges de la fleur de la nuit.

 

La lune n'a pas à s'en désoler,

fixant le tout de sa cagoule d'os.

Elle a tant l'habitude de cela.

Sa noirceur crépite et traîne.

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