Art vidéo, cinéma

Dimanche 19 septembre 2010 7 19 /09 /Sep /2010 08:46
A TRIBUTE TO JOHN CAGE, 1973
A Tribute to John Cage est un hommage au compositeur avant-gardiste. Nam June Paik inscrit cet hommage dans une approche de la société contemporaine en concevant cette oeuvre sous la forme d'un programme télévisuel où les documentaires alternent avec des séquences commerciales, en développant des rapports particuliers entre le contenu des documents et le médium vidéo, et en présentant des vidéos performances qui manifestent elles-mêmes une surdétermination du monde contemporain par la télévision et définissent une conception de l'anti-musique qui réfère à John Cage et à Fluxus.
Nam June Paik rencontre John Cage en 1958, alors qu'il compose de la musique dans une conception proche de celles de Bartok et de Schönberg et travaille au studio de musique électronique de la WDR à Cologne. Tous deux ont participé à des manifestations de Fluxus, dont l'esprit imprègne cet hommage. Nam June Paik a été marqué par les conceptions et les concerts de John Cage, dont il retient certaines stratégies de création : la théâtralité et la destruction, le collage, l'électronique, la mise en évidence du médium et du contexte, la performance, la participation du public et le hasard.
La bande commence par l'association des deux personnalités dans la diffusion parallèle de la bande son et de l'image : un récit biographique de John Cage est dit en voix off, tandis qu'apparaissent sur l'écran les séquences du happening First Accident of the 21th Century. Cet accident organisé du premier robot de Nam June Paik de 1963-64 manifeste une violence que l'artiste a souvent manifestée par rapport à John Cage dans ses happenings. Robot 456 est conçu à l'image de l'homme et de la société : d'une part il défèque, il cite des phrases d'hommes politiques et il marche, d'autre part il est construit de composantes mécaniques et électroniques. L'accident inscrit dans le transitoire l'art et les symboles dont est porteuse cette oeuvre sculpturale d'un nouveau genre. Plus loin dans la bande, Nam June Paik casse un piano à l'aide d'un pic et présente ainsi d'une manière forte, empreinte de l'esprit Fluxus, le rapport de l'avant-garde à la tradition.
Des entretiens, enregistrements de concerts et exposés théoriques médiatisent les aspects majeurs de l'oeuvre de John Cage. Au cours d'un entretien, Alvin Lucier, musicien et professeur, présente la théorie de John Cage. Ses paroles sont doublées d'un bégaiement dont il joue musicalement suite à une suggestion du compositeur. Des plans de Woodstock en 1952 réfèrent à la première performance du concert 4'33" montré ici au Harvard Square à New York : ce concert est silencieux, le piano n'est ouvert que pour marquer la durée chronométrée des mouvements de la pièce, qui étaient intitulés 33", 2'40" et 1'20", le silence recentre les spectateurs sur les bruits environnementaux. La théorie du hasard est présentée par le compositeur accroupi sur un trottoir dans une rue de New York : elle est conçue en rapport au jeu chinois du I-Ching et à l'interprétation des configurations produites par un jet de pièces de monnaie ou de buchettes. Sont montrés également : un concert de musique répétitive, un récit puis un chant par John Cage, puis des plans évoquant la musique électronique (une série de magnétophones à bande et un plateau de mixage du son avec ordinateur). Ce parcours sur l'oeuvre du compositeur est entrecoupé d'une page de publicité japonaise pour Pepsy-Cola, de clips de musiques populaires et traditionnelles, occidentales et asiatiques sur lesquelles Nam June Paik intervient en régie vidéo (créant des surimpressions, solarisations, incrustations, etc.).
Nam June Paik incite le téléspectateur à définir sa position par rapport aux expériences dont rendent compte ces documents vidéo. Sur l'enregistrement de 4'33" au Harvard Square, l'artiste renverse la proposition de John Cage en surchargeant l'écran de messages. Il écrit : "This is Zen for TV"1 en référence au concept de Zen Music du compositeur, fondé sur l'idée de détendre l'esprit de l'auditeur au lieu d'ajouter des sensations et des émotions. Puis il crée des tensions et force la perception. Sur la scène urbaine de Harvard Square, il évoque la campagne : "Do you hear a cricket… or a mouse ?"2 et questionne les comportements par : "Open the window and count the stars"3 et une question de Robert Filliou : "Why do you get up this morning ?"4. Le spectateur, recentré sur son contexte et son environnement, appréhende à la fois sa réalité et celle de la télévision qui lui donne accès au concert et par laquelle il échappe à cette expérience du silence. Enfin Nam June Paik tourne en dérision l'hommage : "Dear Mr Cage, do you like to be a caw in Switzerland or a caw in Holland ?"5. TV Bra, une des vidéos performances de Nam June Paik, joue à la fois une parodie d'un monde télévisuel et l'anti-musique. Charlotte Moorman, qui a joué les oeuvres de Cage dans les années 1960, en est la principale figure. Elle porte des écrans de télévision en guise de soutien-gorge et joue du violoncelle, puis elle entre dans un bidon très haut rempli d'eau sur lequel est projetée son image. La vidéo se substitue avec dérision au réel, en redoublant le vêtement puis le corps disparu dans l'eau.
Nam June Paik a rendu de nombreux hommages à John Cage. Dans les années 1960, ce fut d'abord par la chute et la destruction d'un piano sur une scène. Ensuite, lors du concert Etude for Piano (Forte), l'artiste commença à jouer une pièce de Chopin en manifestant son déplaisir, puis il bondit dans un piano ouvert et couché derrière lui avant d'aller dans le public où il tailla la chemise de John Cage et lui versa du shampoing sur la tête ainsi que sur celle de David Tudor, enfin il sortit et téléphona pour annoncer la fin du concert. D'une expression moins théâtrale, les hommages postérieurs à A Tribute to John Cage sont deux sculptures : Cage in Cage in Cage (1989) et John Cage Robot (1990). (Thérèse Beyler)

1 "C'est de la télévision zen."
2 "Entends-tu un criquet… ou une souris ?"
3 "Ouvre la fenêtre et compte les étoiles."
4 "Pourquoi t'es-tu levé ce matin ?"
5 "Cher Mr. Cage, préféreriez-vous être une vache en Suisse ou une vache en Hollande ?"

A Tribute to John Cage
1973, re-edited 1976, 29:02 min, color, sound
A Tribute to John Cage is Paik's homage to avant-garde composer John Cage. A major figure in contemporary art and music, Cage was one of the primary influences on Paik's work, as well as his friend and frequent collaborator. In this multifaceted portrait, Paik creates a pastiche of Cage's performances and anecdotes, interviews with friends and colleagues, and examples of Paik's participatory music and television works that parallel Cage's strategies and concerns. The methodology and philosophies that inform Cage's radical musical aesthetic -- chance, randomness, the democratization of sounds -- are evident as he performs such seminal pieces as 4'33" (of complete silence) in Harvard Square, or throws the I Ching to determine performance sites. Among the collage of elements included in this work are segments from Paik's Zen for  TV; Paik and Charlotte Moorman in early performances, including the TV Bra; and anecdotes from composer Alvin Lucier.

Host: Russell Connor. Guest: Alvin Lucier. Performers: John Cage, Marianne Amacher, Richard Teitelbaum, Pulsa, Charlotte Moorman, David Behrman, David Tudor. Excerpts of work by Cathy Berberian, Jud Yalkut, Francis Lee, David Rosenboom, Jackie Cassen, Stan VanDerBeek, Alfons Schilling. Produced by the New Television Workshop and the TV Lab at WNET/Thirteen.

Par Olivier Lussac - Publié dans : Art vidéo, cinéma
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 19 septembre 2010 7 19 /09 /Sep /2010 08:45
ANALOGUE ASSEMBLAGE
2000, 2:08 min, color, sound
Drawing from Paik's 1970's experiments with video synthesizers, Analogue Assemblage employs current digital technology to create a multilayered montage that references both the old and the new. The eerie 1969 electronic score floats over ghostly image processing; the result is a paean to the way the future was.
Edited by Seth Price and Stephen Vitiello for Media_City, Seoul

Par Olivier Lussac - Publié dans : Art vidéo, cinéma
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 19 septembre 2010 7 19 /09 /Sep /2010 08:44
ALLAN’S ALLEN’S COMPLAINT, 1982
Paik et Kubota nous parlent, dans cette bande, des relations difficiles entre deux fils, Allen Ginsberg, poète et performer, et Allan Kaprow, performer, et leurs pères respectifs Louis Ginsberg et Barnett Kaprow. Les deux premiers, intellectuels juifs appartenant aux mouvements rebelles d'avant-garde se confrontent à leurs pères conservateurs. Allen Ginsberg apparaît chantant et jouant avec le poète Peter Orlowsky. Il s'oppose ensuite à son père dans un débat public. A la fin de cette bande, après la mort de son père, Allen Ginsberg est représenté avec un médaillon sur le front dans lequel est incrustée une image de celui-ci. Il commente les propos que son père a pu tenir à son égard, et ceux qu'il lui a lui-même adressés. Entre les Kaprow, il n'y a pas de dialogue. Nous voyons Allan Kaprow construire un mur de glace à Jérusalem et marcher sur le Lac de Galilée accompagné par la IXe Symphonie de Beethoven. Dans cette oeuvre, Nam June Paik veut souligner, non seulement les différences entre les générations, mais aussi les questions de l'homosexualité et de l'immigration aux Etats-Unis, des juifs américains et des relations Est / Ouest, Moyen-Orient / Amérique. (Christine Van Assche)

Allan 'n' Allen's Complaint
by Nam June Paik and Shigeko Kubota
1982, 28:33, color, sound
In Allan 'n' Allen's Complaint, the influence of Jewish fathers on their sons and the complexity of familial relationships are explored in a witty, poignant portrait of two artists. Beat poet Allen Ginsberg (whose father Louis was a poet in his own right) and performance artist/sculptor Allan Kaprow (whose father is a high-powered lawyer) are the sons who struggle with and against the influences of these patriarchal figures. Paik and Shigeko Kubota take the viewer on a journey from the Mideast (where Kaprow performs his Stone Happening and makes an ice sculpture in the desert), to a New York poetry reading with Ginsberg and his father, to Boulder, Colorado, where Ginsberg's companion Peter Orlovsky plays his banjo. Throughout, the artists subject their content to irreverent temporal, spatial and visual transformations: images multiply and proliferate, time is accelerated or slowed, audio is de-synchronized. In this playful, often moving portrait of fathers and sons, the artists use video effects to allow Kaprow to walk on water, and orchestrate a posthumous confrontation between Ginsberg and the image of his father.

Host: Pierre Restany. Guests: Peter Orlovsky, Catherine Ikam. Camera: Bill Marpet, Esti Gallili Marpet, Uri Bar-Zemer, Herb Squire, Kit Fitzgerald, Dimitri Devyatkin, Deborah Van Moser, Karen Edwards, Jud Yalkut. Editors: John J. Godfrey, Ruth Bonomo-Godfrey, Paul Dogherty, Pat Ivers, John Castedo.

Par Olivier Lussac - Publié dans : Art vidéo, cinéma
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 19 septembre 2010 7 19 /09 /Sep /2010 08:43
BONJOUR MR ORWELL, 1984
Il existe trois créations différentes sous le titre Good Morning Mr. Orwell. La première est l'enregistrement de l'émission de télévision conçue par Nam June Paik et réalisée dans la première heure de 1984, en duplex entre New York, Los Angeles et Paris. Les versions dites respectivement française et américaine sont des montages sélectionnant des séquences de l'émission en séparant les contenus développés à Paris, d'une part, et aux Etats-Unis, d'autre part. L'artiste est réintervenu sur les images en régie vidéo et a ajouté des images de synthèse. Cette dernière bande retravaillée est celle que présente la collection du Musée national d'art moderne à Paris.
En 1983, Nam June Paik conçoit ce projet en hommage au célèbre roman de science-fiction 1984 (publié en 1949) et à son auteur anglais Georges Orwell (1903-1950). La programmation culturelle mêle avant-gardes et culture populaire, dont les spectacles et les performances ont lieu respectivement dans le studio de WNET et au Centre Georges Pompidou. Les participants les plus importants sont du côté français : Ben Vautier, Joseph Beuys, le Studio Berçot, Robert Combas, Pierre-Alain Hubert, Yves Montand, Astor Piazolla, Sapho et le groupe Urban Sax, et, du côté américain : Laurie Anderson, John Cage, Merce Cunningham, Peter Gabriel, Allen Ginsberg, Philip Glass, les Tompson Twins, Mauricio Kagel et Charlotte Moorman.
L'émission présente alternativement chaque côté de l'Atlantique ou les rassemble dans un écran divisé en deux parties. L'instant présent des conversations et des jeux de communication (les manipulations d'objets, les souhaits de bonne année, les verres qui se choquent…) simule l'unité de lieu et parfois la proximité physique, alors que les spectacles et les propos tenus manifestent dans leur succession les différences de culture et de mentalité. L'émission est construite selon un processus cher à l'artiste : le collage, créé par la contraction de l'espace et du temps dans l'écran grâce à la vidéo et au satellite.
La version française de l'émission retravaillée est une sélection de séquences, qui sont fragmentées et mélangées dans un ordre différent de celui de la programmation initiale. L'objet de l'émission est mis au second plan, mais Nam June Paik a inséré des traces de la transmission par satellite. Le rapport au temps est présenté par le décalage horaire, indiqué par l'affichage ponctuel des times codes d'enregistrement. Merce Cunningham danse dans le studio de la chaîne de télévision américaine et son image, transmise vers la France, revient en feedback et se substitue au décor du studio. Les décalages des mouvements dans les deux images confrontées mesurent l'espace parcouru par l'image, soit 148 055 km entre New York et Paris via le satellite.
Les performances des artistes ont une faible part dans cette version qui privilégie les séquences de musique populaire. Un plan court présente Joseph Beuys et son jeans troué (cette performance a été isolée dans une bande intitulée La jambe d'Orwell). John Cage apparaît frottant avec une plume une installation gracile de fils et d'objets reliés à un système de son électronique. Nam June Paik n'apparaît pas. Charlotte Moorman explique comment Nam June Paik a construit TV Cello. La séquence à laquelle l'artiste accorde le plus de durée est un collage merveilleux : Merce Cunningham danse en surimpression sur l'extrait d'un film sur Salvador Dali. Le peintre est assis aristocratiquement dans un décor où domine le portrait de Mao Zédong.
Nam June Paik est réintervenu principalement sur les séquences de variété. Sapho interprète en dansant la chanson créée en hommage à George Orwell. Elle apparaît dans un coeur rose et jaune, puis solarisée et fragmentée. Le défilé de mode du Studio Berçot est transposé dans un espace fragmenté, démultiplié et coloré. Yves Montand apparaît sur un écran kitch : une série de silhouettes féminines quadrillées de coeurs rouges et de losanges noirs. Des images de synthèse sont introduites, soit en séquences (un paysage abstrait aux dominantes vertes et bleues sur une musique de Philip Glass), soit en incrustations sur une image en mouvement (des cubes tournoient au-dessus d'un plan fixe sur l'eau d'un fleuve) ou sur une image arrêtée (des anneaux voltigent dans le ciel sur un cliché de New York). Des cubes en rotation deviennent les supports d'images de télévision commerciale. Nam June Paik commence à travailler sur ordinateur en 1984. A la différence des images créées par les techniques vidéo, les images de synthèse de l'artiste confèrent un rythme plus lent à la séquentialisation et sont dépouillées. Elles s'éloignent du rock'n roll pour entrer dans un registre plus féerique.
Dans la bande, l'émission est transfigurée par un montage proche de celui des émissions de variété et par la saturation des couleurs, l'ajout de lignes en mouvement ou de symboles désuets, qui tournent en dérision la télévision par ses propres processus. D’autre part, la  réduction de la performance de Joseph Beuys à l'apparition très brève et incongrue de l'artiste sous un piano rappelle l'esprit Fluxus. (Thérèse Beyler)

1984, 30 min., color, sound
Good Morning Mr.Orwell is an edited version of Paik's first international satellite "installation," which was held on New Year's Day 1984. Paik's transcultural satellite extravaganzas link different countries, spaces, and times in often chaotic but entertaining collages of art and pop culture, the avant-garde and television. Good Morning Mr.Orwell, which Paik saw as a rebuttal to Orwell's dystopian vision of 1984, linked France, Germany and the U.S. The event featured vibrant performances by Laurie Anderson, Merce Cunningham, Peter Gabriel and Allen Ginsberg, among many others. Paik coordinated the event and designed the TV graphics that connected the various live and pre-recorded segments. This project can be seen as a development of Paik's thinking on the potential of satellite communication, as proposed in A Conversation, and realized with his typical pastiche of art, entertainment, and crosscultural juxtapositions.
Conceived and coordinated by Nam June Paik. Executive Producer: Carol Brandenburg. Partial Post-Production: Nam June Paik, Paul Garrin. Post-Production: Broadway Video, Post Perfect. WNET, New York; FR3, Centre Georges Pompidou, Paris; WDR Westdeutsche Fernsehen. Editor of single-channel version: Skip Blumberg.

Par Olivier Lussac - Publié dans : Art vidéo, cinéma
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 19 septembre 2010 7 19 /09 /Sep /2010 08:43
A TALE OF TWO CITIES
A Tale of Two Cities
by Nam June Paik and Paul Garrin
1992, 60 sec, color, sound
Television on speed, Paik and Garrin's A Tale of Two Cities is a potpourri of pop personalities, avant-garde antics and international cultural kitsch, where past, present and future collide in the kaleidoscopic, hyper-kinetic, televisually "now." Transgressions was created as part of "TRANS-VOICES", an international multi-media public art project that was conceived to reflect a broad spectrum of cultural diversity -- national, racial, and ethnic -- that characterizes both France and America today. Created by seven American and seven French artists, the video spots operate as trans-cultural investigations, questioning the validity of national identity, exploring the origins of cultural ideology, and charging the ethics of government entities. The spots communicate messages about the fundamental social, political, economic and ecological shifts that mark the close of the 20th century.

Produced by the American Center, Paris, in collaboration with the Whitney Museum of American Art and the Public Art Fund. Featuring: Laurie Anderson, Joseph Beuys, Yves Montand, Charlotte Moorman, Sapho. Producer/Director: Nam June Paik, Paul Garrin. Post Production Facility: Caesar Video Graphics, Inc. In-House Producer: Robert Buganza. Editor: Don Kleszy. Producer: Robert Beck.rri

Par Olivier Lussac - Publié dans : Art vidéo, cinéma
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 19 septembre 2010 7 19 /09 /Sep /2010 08:42
BUTTERFLY, 1986
1986, 2:03 min, color, sound
The exuberant irreverence and wit of Butterfly characterizes Paik's stream-of-consciousness visual and conceptual techniques. In a vibrant image/music collage, he ironically juxtaposes high-cultural artifacts (the aria from Madame Butterfly), contemporary avant-garde icons (Laurie Anderson) and Eastern symbols (the butterfly), within a rapid-paced proliferation of vividly computerized visual effects. This abbreviated work is classic Paik.

Par Olivier Lussac - Publié dans : Art vidéo, cinéma
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 19 septembre 2010 7 19 /09 /Sep /2010 08:41
BYE BYE KIPLING
1986, 30:32 min, color, sound
This ambitious live satellite link-up of Japan, Korea and the United States features interviews with Keith Haring and architect Arata Isozaki, and performances and works by Philip Glass and the Kodo Drummers, Charlotte Moorman, Nam June Paik, and Lou Reed. In an extraordinary section, a performance in Japan of classical Western music is accompanied by a group of Kabuki dancers. As with Good Morning Mr. Orwell, Paik designed the linking graphic sequences, including one of his video sculptures, and coordinated the event. The theme of the show was the drawing together of Eastern and Western cultures via satellite technology. Hosted by Dick Cavett, this event is a collage of intercultural entertainment, performance, art, and communications technology.
Conceived and coordinated by Nam June Paik. Producer: Carol Brandenburg. A Production of WNET/New York, the Korean Broadcasting System, and Asahi National Broadcasting, Ltd. Editor of single-channel version: Skip Blumberg.

Par Olivier Lussac - Publié dans : Art vidéo, cinéma
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 19 septembre 2010 7 19 /09 /Sep /2010 08:40
DIGITAL EXPERIMENT AT BELL LABS, 1966
1966, 4 min, b&w, silent
Using Bell Lab's pioneering research facilities, Paik creates a starkly minimal experiment in digital imaging, in which numbers and shifting dots appear on a black ground.

Par Olivier Lussac - Publié dans : Art vidéo, cinéma
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 19 septembre 2010 7 19 /09 /Sep /2010 08:40
9/23/69: Experiment with David Atwood
by Nam June Paik. In collaboration with David Atwood, Fred Barzyk, and Olivia Tappan.
1969, 80 min, color, sound
9/23/69 is a newly restored treasure. This early masterwork of electronic experimentation was created by Paik while he was Artist-in-Residence at WGBH in Boston. The title refers to the day it was made -- September 23, 1969. Paik uses the Paik/Abe Synthesizer to create a stunning visual collage that fuses spontaneous, free-form experimentation with virtuosity and control. Paik manipulates and merges pure electronic abstractions, footage captured "live" from television, prerecorded material, and images recorded in the studio, including the faces of WGBH producers Fred Barzyk and Olivia Tappan. Exploring the interactivity of video and audio synthesizers, Paik processes these images with live and prerecorded sounds.
9/23/69 allows the viewer the rare pleasure of observing Paik in the process of inventing his unique visual vocabulary. This previously unreleased work reveals insights into the development of Paik's electronic imagery, and, as the title suggests, captures the immediacy of the place and the moment.
Although 9/23/69 was never broadcast in its entirety, segments were incorporated into other Paik works, including Video Commune.

Par Olivier Lussac - Publié dans : Art vidéo, cinéma
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 19 septembre 2010 7 19 /09 /Sep /2010 08:38
ELECTION TAPE, 1984

1984, 2:03 min, color, sound

Steeped in black humor, this concise political critique is Acconci's contribution to artist Jenny Holzer's collaborative Sign on a Truck project, which was presented on a Diamond Vision Screen in New York in response to Ronald Reagan's re-election campaign in 1984. Acconci portrays Reagan as a ventriloquist's dummy, a two-dimensional puppet's head that is a mouthpiece for the ideology of the Right. Smiling like a TV evangelist or the host of a children's TV show, the Reagan puppet intones a litany of "Family Values" that is at once comic and chilling.
Par Olivier Lussac - Publié dans : Art vidéo, cinéma
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Présentation

Recherche

Liens

Calendrier

Février 2012
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29        
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés